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La sainteté du sang...

Cette paracha continue l’énumération de la liturgie des sacrifices : c’est la liturgie de la kappara ou de l’expiation (recouvrement de la faute) qui consiste essentiellement dans la consommation soit par le feu, soit en repas de réconciliation.

 

Le sens du sacrifice

 

Les penseurs juifs ont souligné que toute faute, de quelque sorte qu’elle soit, provient de notre nature première qui est de notre appétit de jouissance. Par le sacrifice, c’est la recherche de l’expiation après l’échec de la faute. En effet, la paracha tsav présente une description détaillée des sacrifices qui se déroulèrent dans le Temple. Les règles sont strictes et de la première importance car tout manquement entraîne une disqualification du sacrifice pour racheter la faute du croyant.

Lorsque le Temple fut détruit, les sacrifices ne pouvant plus être opérés, les rabbins ont remplacés ceux-ci par des prières. Depuis lors, les penseurs n’ont eu de cesse de s’interroger sur le sens de ces prescriptions et sur leur pertinence à l’égard des juifs.

Le mot hébreu qui désigne le sacrifice a une signification très précise. En hébreu Korbane dérive du verbe Karov « se rapprocher ». La faute coupe l'homme de D.ieu, lequel « se voile la face ». Le sacrifice vient alors déchirer ce voile, rapproche l’Homme de D.ieu afin qu’il bénéficie à nouveau la lumière divine. La raison d’être du Tabernacle était de donner au peuple d’Israël la possibilité de concentrer toute leur attention sur l’Éternel et de s’en rapprocher. Tout sacrifice supposait de la part de la personne concernée une attitude intérieure particulière.

Le type de sacrifice le plus courant est l’holocauste (olah). Ce sacrifice est le symbole de la dévotion et de la soumission totales. Le sacrifice de l’holocauste est destiné à expier les péchés commis en pensée et celui-ci se consume sur l’autel toute la nuit comme les mauvaises pensées consument nos âmes dans la nuit.

Ensuite, le sacrifice expiatoire (hattat) offert pour des péchés commis involontairement, étendra la responsabilité de l’individu à des cas de fautes inconscientes. En effet, la valeur d’un acte ne dépend pas uniquement de son résultat et les intentions conscientes ou inconscientes au point de vue moral et religieux causent également une souillure de l’âme ou une atteinte à son intégrité.

Dans la tradition juive, le sang représente l’âme de la vie, et la vie est sacrée. Ceci explique pourquoi il nous est rigoureusement interdit de consommer le sang de tout être vivant. Cette interdiction est si fondamentale qu’elle est incluse tant dans les lois Noahides, dans la Loi Mosaïque, et dans la Halakha, la Loi juive dans ses évolutions historiques et actuelles.

La fonction du sang

Le sang est au cœur de la tradition juive. Le sang est fondamental dans la consécration tant du Temple que des Cohanim (Vayikra, 8:30) :

« Alors Moïse prit de l’huile d’onction et du sang qui était près de l’autel et en fit l’aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, puis sur ses fils et sur les vêtements de ses fils. Ainsi il consacra Aaron et ses vêtements, et avec lui ses fils et les vêtements de ses fils ».

 

Le sang représente à la fois la vie et la mort. Il y a une notion d’interdit autour du sang et le mot « sang » est fréquemment utilisé pour désigner le meurtre, comme dans l’épisode d’Abel et Caïn :

« Dieu dit : « Qu’as-tu fait ? Écoute ! Le sang de ton frère crie du sol vers moi » (Béréchit, 4:10).

 

Beaucoup de mitsvots traitent de questions autour du sang. Au sein de notre alimentation déjà : la cacherout s’intéresse à la question du sang et prône l’interdit de la consommation du sang. Ainsi, on doit vider la viande de tout son sang en le laissant s’écouler « le plus vite possible » et même, grâce au sel, l’expurger totalement. Il est d’ailleurs écrit dans le Lévitique, qu’après avoir égorgé un animal nous devons mettre son sang hors de vue, l’ensevelir, le recouvrir de terre ou de sable. Le sang est un attribut particulier de l’animal que nous ne devons pas nous approprier.

Alors comment interpréter cette dimension du sang ? Pourquoi le judaïsme s’intéresse-t-il autant au sang et pourquoi il en interdit la consommation ?

La plupart des commentateurs considèrent que c’est d’abord une prescription dont le but est de se distinguer des rites païens où le sang était consommé dans l’espoir, pour le croyant, de s’approprier la force vitale de l’animal (Pour les amateurs de séries, cela ne sera pas sans vous rappeler Games of thrones où une héroïne mange le cœur d’un cheval selon les rites de son clan, la série étant largement inspirée des civilisations antiques). Pour Maïmonide, la Torah cherche à guérir l’humanité de cette idolâtrie qui voyait dans le sang un moyen d’accéder à la conscience de l’animal, de l’avenir, un moyen de protection et d’attirer la chance.

Cependant, un autre argument milite en faveur de cet interdit. Selon la Torah « l’âme de toute vie est son sang ». Selon Nahmanide (Rambam), si D.ieu autorise les hommes à se repaître de la chair des animaux car il en va de sa survie (C’est la preuve selon le Rabbin Abraham Isaac Kook, que l’homme est encore primitif et qu’il n’a pas atteint un stade assez évolué pour surmonter ses instincts meurtriers), il ne saurait l’autoriser à ingérer son sang parce que toutes les âmes lui appartiennent. Voilà pourquoi les hommes ne peuvent s’en nourrir et pourquoi le sang de certains animaux est utilisé dans les sacrifices expiatoires. Il faut donc considérer le sang comme une dimension sainte car il renferme l’âme attribuée par D.ieu à chaque créature.

On retrouve le sang comme marqueur de relation au sacré est présente à maints endroits.

La première plaie d’Egypte est ainsi la transformation de l’eau du Nil en sang, présage conçu comme funeste.

Cette conception négative du sang trouve également une expression dans les règles de la pureté familiale si chères aux traditionnalistes. C’est la « Niddah » (Isolement de la femme) est le principal commandement d'un ensemble de lois religieuses juives appelées « taharat hamishpa'ha » (la pureté de la famille). La Torah interdit ainsi explicitement toute relation sexuelle pendant la période menstruelle (Lévitique, 15:19-24, 18:19, 20:18). Durant cette période, les penseurs juifs ont prôné la stricte séparation, considérant alors la femme comme « impure » et prescrivant aux femmes juives un certain nombre de pratiques afin de ne pas « transmettre » l’impureté à leur mari. Alors que la Torah prescrit une abstinence sexuelle de sept jours, les Sages en ont ajouté cinq, de telle sorte que les couples qui observent ces règles n’ont pas de relation sexuelle durant douze jours à chaque cycle (cinq jours minimum pour le temps d’écoulement sanguin et sept jours « propres »). La règle veut qu’au terme de cette séparation, la femme renoue avec la source de pureté en s’immergeant dans une eau « non retenue ou puisée par l’homme », soit dans une source naturelle (mer, rivière), soit dans un mikvé.

Impureté, mort… le sang semble voué aux gémonies. Mais le sang est également symbole de vie : ainsi, l’épisode de la mort des premiers nés lors de la sortie d’Egypte n’a pas touché les hébreux car ils ont rependu le sang d’un agneau sur les linteaux des portes, sang qui les a gardés en vie !

Le sang, n’est pas que présage de mort et constitue la quintessence de la vie : devenir nubile – avoir ses règles –  marque le début de la possibilité de donner la vie. D’ailleurs, la naissance s’accompagne de sang qui se répand. Même dans l’acte ultime de l’alliance, le sang a un rôle. Ainsi, lors de la Brit milah, du sang est répandu lors de la circoncision, acte symbolique pour le faire rentrer dans l’Alliance.

Selon H.J Fields, "La prescription de la Torah de ne pas consommer de sang parce qu'il recèle l'essence sacrée de la vie - l'âme - témoigne de la haute valeur accordée par la tradition juive à toute vie, humaine ou animale. Lorsque le sang est versé, soit à l'autel dans le cadre du rituel d'expiation, soit lors du processus d'abattage pour la nourriture, le sang est recueilli et enterré. Par le biais de ces pratiques, les êtres humains doivent apprendre que le sang est synonyme de vie et que la vie, comme le sang, est un cadeau précieux qu'il nous faut chérir".

Mélanie J.

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