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COMMUNAUTE JUIVE LIBERALE DE MONTPELLIER
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Quant à toi, tu ordonneras...

Tetsave (תצווה) signifie « tu ordonneras ». La paracha de la semaine est une paracha qui s’ouvre sur toute une série de prescriptions que D.ieu fait à Moïse quant au rite religieux. Ainsi, il explique comment consacrer l’huile d’olive pure afin que la Ménorah soit perpétuellement allumée, comment le grand prêtre Aaron et les prêtres doivent être vêtus, les règles relatives à la formation des prêtres, à l’inauguration du Temple, aux sacrifices… toutes les règles relatives à l’ordonnance du culte du Tabernacle. Moïse, sans jamais être cité dans la paracha qui débute juste sur « Quant à toi, tu ordonneras… », est le porte-parole de D.ieu et doit veiller à ce que les enfants d’Israël respectent les prescriptions liturgiques à l’instar de la première « ils t’apporteront de l’huile pure d’olives concassées pour le luminaire, afin d’en faire monter la lumière de manière perpétuelle ».

C’est une paracha qui marque définitivement le passage des enfants d’Israël au statut de peuple libre et organisé. Le peuple d’Israël n’est plus une horde d’esclaves fuyant le Pharaon, il n’ère plus sans réel but dans le désert sous l’égide d’un chef, Moïse, et de son second, Aaron. C’est un peuple qui a un Dieu, le D.ieu, un Temple, une organisation judiciaire comme nous l’avons vu, et maintenant un rite et une organisation liturgique précise. Avec la liberté vient la responsabilité et celle-ci implique une organisation.

Ici, D.ieu dit à Moïse « tu ordonneras », ce qui le place en grand ordonnateur… Les prescriptions sont précises et notamment sur le vêtement que Aaron et les Cohanim devront porter ou encore sur l’autel d’or où sera expié les pêchés du peuple d’Israël lors de Yom Kippour. La paracha transmet les mitvots suivants :

  • Choisir de l’huile d’olive pour le luminaire permanent (atavate ha nérote),
  • Détails de confection de la robe de Aaron (bégadim méyou'hadim)
  • L’obligation que l’éphod et le pectoral ne puissent se séparer (lo léhassir na 'hochén mé âl ha éfod),
  • Détails de confection de la robe du Grand Prêtre qui ne doit pas pouvoir se déchirer (lo liqroâ),
  • Devoir manger des offrandes (léékhol bassar 'hatate véacham),
  • Brûler l’encens (léhaqtir qétoréte) matin et soir (baboqer ha arévim),

L’interdiction de l’encens étranger qui n’aurait pas la bonne composition (lo taâlou âlav qétoréte zara).

Les prescriptions relatives au vêtement de Aaron sont nombreuses comme vous pouvez le lire. Cette accumulation de détails invite à nous demander l’apparence de nos atours est-elle importante pour prier D.ieu ?

En effet, cette paracha est presque entièrement dédiée à l’art de la confection des vêtements que les Cohanim qui devront porter « les vêtements du sacré » pour accomplir le rite… on cite les différents éléments des tenues mais aussi les matières toutes plus nobles les unes que les autres… Tous ces détails et ce luxe semblent dire l’importance de l’apparence du Cohen.

Pourtant, la pensée juive invite à ne pas se fier aux apparences car une apparence précieuse peut cacher un contenu pauvre et inversement. Ainsi, dans la Mishna Pirke avot, on trouve un adage qui énonce : « ne regarde pas la cruche mais regarde plutôt ce qu’elle contient ». Ici, au contraire, Tetsavé invite à l’opulence des habits. Mais cette antinomie entre cette paracha et la tradition juive n’est qu'en apparence. En effet, comme l’a dit le Rabbin Horvilleur, ici, l’habit fait le moine : l’habit pur et beau fait écho à ce que le Cohen est dans son âme. Le prêtre dit à sa simple apparence, la sacralité de son rôle…

Maïmonide a écrit au sujet de ces vêtements : « la Torah enjoint les Cohanim à porter des vêtements particuliers, insignes d’honneur et de majesté, grâce auxquels ils pourront servir dans le Temple. Cette mitsva est ainsi énoncée : « Tu confectionneras pour Aharon ton frère des vêtements sacrés… » (Chémot 28,2), et : « Tu feras approcher ses fils, tu les revêtiras de tuniques… » (29,8) » (Séfer Hamitsvot assé, 33). Ainsi, selon Maïmonide, la mitsva propre à ces vêtements consistait précisément à les porter c’est-à-dire que le port même des habits qui permet de remplir une injonction de la Torah et qui constitue un élément nécessaire au service sacerdotal. Selon Maïmonide, les Cohanim pouvaient – et devaient – porter ces habits en tant que mitsva propre, comme l’indique le Midrach : « Ce décret consiste à porter ces habits en permanence ».

 

Parmi ces vêtements, il y a le plastron du pectoral appelé 'hochéne constitué de pierres précieuses et sur chacune est gravé le nom d'une tribu dans l'ordre de la fratrie.

Ainsi, si l’on lit Chémote 15-20, on a le nom de ces pierres qui sont ordonnées sur 4 rangées :

  • 1re rangée : rubis, topaze, émeraude
  • 2e rangée : escarboucle, saphir, diamant,
  • 3e rangée : opale, agate, améthyste
  • 4e rangée : chrysolithe, onyx et jaspe.

 

Cette riche parure permet alors au Cohanim de porter avec lui tout le peuple d’Israël quand il se présente à D.ieu et le pectoral est le symbole de l’unité du peuple juif, unité déjà rappelée lors de la confection de la Ménorah dans la paracha précédente. Les lampes des branches de côté de la Ménorah, symbolisant les tribus, étaient tournées vers la branche centrale symbolisant la lumière perpétuelle de la présence divine. Faite d’une seule pièce, cette unité est le symbole de celle d’Israël.

Justement, un autre aspect intéressant de cette paracha est celui de la lumière éternelle qui brille du soir au matin. Le passage de cette paracha qui lui est consacré appelle à de nombreuses réflexions.

D’abord, D.ieu dit à Moïse d’exiger du peuple l’huile pure des olives concassées. Il faut savoir que l’on pilait les olives dans un mortier, sans les presser sous la meule, afin qu’il n’y ait pas de dépôt. Ce n’est qu’après l’extraction de la première goutte qu’on les introduisait sous la meule pour les écraser. Rachi a alors expliqué que l’huile obtenue sous la seconde pression était impropre pour la Ménorah, mais bonne pour les oblations, ainsi qu’il est écrit « concassée pour le luminaire », et non « concassée pour les oblations » (Mena‘hoth, 86a). Ainsi, chacun doit donner, pour que brille la lumière, le meilleur… Lumière qui est au cœur du judaïsme, lumière vacillant mais ne s’éteignant jamais.

Efface-moi de ton livre… La présence malgré l’absence

Le nom de Moïse n’est jamais cité même si l’on comprend que le « quant à toi » lui est destiné. Cette paracha est lue alors même que l’on commémore la mort de Moïse qui se situe au 7 du mois d’Adar. Il est remarquable que son nom n’apparaisse jamais exactement à ce moment précis.

Mais Pourquoi donc son nom est effacé ? Effacement qui n’est pas sans rappeler l’anathème dont les pharaons frappaient leurs ennemis intérieurs : les condamnant à l’oubli en effaçant leur nom des cartouches sur tous les monuments de l’empire.

La tradition veut que Moïse, lorsqu’il a intercédé en faveur d’Israël pour l’épisode du veau d’or, ait tenu ces propos :

« Et maintenant, veuille suspendre leur faute, sinon efface-moi de Ton livre que Tu as écrit »

D.ieu lui a alors répondu :

« C’est celui qui aura fauté envers moi que J’effacerai de mon livre ».

 

Dans le Zohar ‘Hadach, Midrach Hané’élam (60b), il est écrit que « la malédiction d’un sage, même si elle n’a pas d’objet, se réalise en quoi que ce soit ». Ainsi, les paroles d’un sage ne doivent pas rester vaines et l’effacement du nom de Moïse devait précisément intervenir à ce moment même si la faute du veau d’or ne lui est pas, en réalité, imputable. Lorsque Moïse a dit cela à D.ieu, il prend acte de sa part de responsabilité car le peuple Hébreu est « son peuple » car comme dit Rachi, dans le texte, il est écrit que le peuple est « grand mélange que [Moïse a] accepté de convertir de [sa] propre initiative ». On considère alors que le peuple a entendu remplacer Moïse par le veau d’or et non D.ieu lui-même et qu’il apparaissait alors fondamental d’éviter l’institution d’un culte à Moïse… L’effacement de son nom à ce moment précis prend alors toute sa dimension… Au moment où Moïse nous quitte, il ne faut pas le célébrer comme un nouveau veau d’or et oublier la Loi de D.ieu.

La Loi de D.ieu est aussi au cœur de cet effacement du nom de Moïse… Son nom doit céder le pas à la Loi, parce que Moïse en est le messager, le médiateur mais non le porteur : son rôle de leader est au centre des dernières parachas. D.ieu lui demande de trouver les mots, de convaincre le peuple juif dans son cœur, son âme de se soumettre volontairement à la Loi dans un élan personnel, d’apporter à Moïse les sacrifices et les dons… Moïse n’est que le mandataire de la parole divine. Ainsi, Léon Ashkenazi explique qu’il « est important de comprendre comment la Thora formule le rôle de Moïse comme médiateur de la Loi. Son génie pédagogique consiste dans le fait que la conformité à la Loi doit procéder de façon spontanée et autonome de la part de celui qui reçoit son enseignement beaucoup plus que d’une obéissance à un ordre ». Ici, Moïse ne doit pas se borner à donner des ordres sans quoi le peuple pourrait penser lui obéir en accomplissant une mitsva. Au contraire, il donne un enseignement, une formation qui invite celui qui le reçoit à agir librement en conformité avec la Loi de D.ieu dont Moïse n’est que l’émetteur.

Mélanie J.

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