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Le pur et l'impur

Nous sommes rentrés dans les thématiques les plus complexes au sein de notre Thora : outre le monde des offrandes et des sacrifices, nous voyons se développe le thème du « pur et de l’impur ».

 

On pourrait croire que ces éléments ne seraient plus d’actualité du fait qu’il n’y a plus de Temple à Jérusalem que le service des prêtres n’est plus pratique, que les sacrifices d’animaux ne se font plus, y compris dans l’ensemble du Moyen-Orient. Pourtant, comme l’enseignait si bien le grand Samson Raphaël Hirsch, ces thématiques n’étaient surtout pas liées à des comportements physiques uniquement.

 

L’ensemble de ces rites atteignent, quand on les regarde de plus près, le plus profond de notre être spirituel, quant à une élévation de notre conduite en société et de travail de respect sur soi-même. Aujourd’hui je développe pour vous les axes touchants à « Pur et Impur ». Vous ne pouvez pas mesurer les conséquences tant que vous n’aurez pas compris, par la métaphore de la tsoraat, les enjeux et les itinéraires qui nous sont proposés.

 

 

 

Pureté et impureté, voici l'idée centrale des deux sidrot jumelées. En premier lieu figure la situation de la femme qui a accouché d’un enfant et qui doit observer une certaine période de « purification » (ou d’isolement) avant de venir, enfin, apporter son offrande de reconnaissance entre les mains du prêtre (toujours à lépoque du Tabernacle, puis des Deux Temples, et aujourd’hui, à la synagogue le rituel est différent et très festif!!!!).

 

La suite du texte traite du cas de « tzora'at » que l'on a coutume de traduire par «lèpre» mais qui n'est guère identique, comme nous le verrons plus loin, avec celle maladie encore fort répandue. Ce mal peut atteindre aussi bien le corps d'un homme ou d'une femme que n'importe quel vêtement ou même une maison. Ce sont des prêtres spécialement préparés à l'examen de celle plaie qui doivent faire le constat pour déclarer ensuite l'impureté de l'objet en question. Les conséquences immédiates pour l’homme ou la femme atteint sont la réclusion temporaire et la purification selon un mode minutieusement indique, tandis que les vêtements atteints doivent être brûlés, après une période d'observation. Quant à la maison, elle sera également soumise à un examen approfondi par le prêtre expert et en cas de récidive, détruite.

 

Ces lois se terminent par les prescriptions relatives à des impuretés humaines d'origine physique qui entraînent également l’obligation d'observer un certain temps de retraite et de se présenter à sa fin devant le prêtre pour obtenir la réintégration par l'eau pure et le sacrifice d'expiation habituel.

 

 

Le pur et l'impur : On perçoit facilement le principe d'une progression de ces lois de purification dans le déroulement de ces sidrot :

1 dans les premiers chapitres, la "mise à part", la séparation radicale des cohanim, des prêtres, de toute situation menant à l'impureté.

2 Puis, dans la paracha de Chemini, l'ensemble des règles concernant la nourriture.

3 Ensuite, dans les textes de Tazria-Metsora, les situations d'impureté qui concernent le corps lui-même, tant à l'occasion d'une naissance que de maladies dont la lèpre (tsara'at) est donné comme exemple ;

4 Le Texte démontre que l’impureté peut s'attacher aux vêtements et même aux habitations (littéralement aux pierres).

5 Enfin, dans les parachot suivantes, les règles touchant à l'impureté fondamentale qui résulte du contact avec la mort. 

 

 

À travers ce développement apparaît un thème important qui a été mis en évidence par les commentateurs traditionnels. Plus l'homme est capable de sainteté et plus il est vulnérable face au risque d'impureté. On pourrait en effet considérer comme paradoxal le fait que ce soit précisément dans le Lévitique que se trouvent développées avec une telle minutie, et élaborées avec une telle précision, les définitions des situations d'impureté.

 

Le Lévitique, en effet, désigné par les maîtres du Midrash par l'expression Torat Cohanirn, la Thora des prêtres, peut être lu tout entier comme une invitation à réaliser en soi, à tous les niveaux d'être, l'être de sainteté. Et l'on pourrait supposer qu'une telle invitation ne concernerait que les personnes pour lesquelles aucune situation d'impureté n'aurait déjà plus de prise.

 

Or, le principe enseigné ici par la Thora, est absolument opposé. Non seulement l'être de sainteté est exposé plus que d'autres au risque de l'impureté ; mais plus encore, c'est chez lui que l'impureté se dévoile, est effective. Elle se dévoile précisément dans l'effort d'élévation qui mène à la sainteté ; car cet effort consiste à évacuer, "mettre en dehors" littéralement, la part de mort qui est mêlée à toute vie dans la condition terrestre. C'est pourquoi donc ces prescriptions ne sont pas données avant l'invitation à la sainteté, mais précisément dans le propos même de cet appel. Cela est indiqué, en particulier, dans la lecture du terme même de métsora,"atteint d'impureté" en relation avec un enseignement du maître talmudique Rech Laqich : "le métsora' peut aussi être lu en deux mots : motsi ra, "celui qui fait sortir [de lui] le mal " . Or ce qui est vrai pour l'individu est vrai aussi pour la société. Une société qui dévoile ses impuretés, qui en prend acte et les ressent comme telles, est une société en marche vers sa vocation de sainteté.

 

 

Où est le Bien ? Dans notre Texte, aujourd’hui, nous voyons que d’une formule négative, de ce qui apparaît comme étant une réponse négative, l’on peut en faire ressortir du bien. En somme c’est comme si quelqu’un refusait de répondre positivement à une de vos questions, vous en déduisez un grand bien pour tous.

 

 

Les causes de l'impureté sont variées et variables : L'une des causes d'impureté, qui n'est plus connue à notre époque, se présente sous l'apparition sur le corps de la maladie que l’on appelait "tsaraa", que l'on a l'habitude de traduire par "lèpre" bien que ceci ne soit pas une traduction précise. Un cas particulier et étonnant, qui est lié à cette impureté, apparaît quand cette maladie atteint la totalité du corps, la personne est considérée alors comme … pure.

 

Comment une telle chose est-elle possible ? D'une part, car il s'agit d'un décret divin. Et même si cela va a l'encontre de notre logique, le texte de la Thora a décidé qu'il en était ainsi, et l'état de pureté est donc décrété "d'en - haut". Mais on peut cependant appréhender une autre explication. Lorsque la tsaraa est partielle, elle s'identifie bien à une plaie. Si elle devient totale, elle est alors simplement la nature de l'enveloppe extérieure de cette personne, et non plus une plaie.

 

 

Temps d'impureté et temps messianiques : Le Talmud rapproche cette loi de l'avènement messianique. La plaie en question symbolise le monde de la «avéra», les fautes que nous avons commises. L'état de pureté la «geoula», c’est - à - dire la Délivrance. Nos Rabbis ont ainsi déclaré : "Le fils de David ne viendra que lorsque toute la royauté se sera changée en hérésie". C'est - à - dire que lorsque le rejet de Dieu régnera, ce sera un signe de l'approche de la Délivrance. La même question revient alors : Comment est-il possible que la lumière de la Délivrance puisse apparaître dans une génération si basse, que c'est spécialement lorsque le Mal est dominant et que l'époque est propice à la geoula, la Délivrance ?

 

Ceci va à l'encontre de notre logique. À cela on peut appliquer les 2 réponses précédentes. D'une part que c'est ainsi qu'il a été décrété par l’Eternel, que la Délivrance ne soit pas la conséquence logique de l'état du monde, mais simplement un décret de Sa volonté, comme il est écrit : "Lemaani, lemaani, é’èssè", "c'est pour moi, pour moi, que je le ferai".

 

 

Les combats du Bien et du Mal Cependant, on peut voir dans ceci également un aspect logique. Lorsque le mal s'étend au monde entier, ceci signifie que l'on ne peut plus parler d'une simple augmentation du mal. Un tel déploiement témoigne au contraire que ce sont toutes les forces cachées du Mal qui font surface, car elles n'ont plus où se cacher. Cette situation désigne le raffinement final du monde, le moment ou le mal est totalement séparé du bien et s'exprime à l'extérieur, alors que l'intérieur est quant à lui déjà prêt à recevoir la lumière de la Délivrance. Et de fait s'accomplira certes dans les jours à venir. On donne à ce état le nom de Messie ou de Temps messianiques. C’est ce pour lequel nous prions tous en plus et mieux dans cette période où nous comptons le Omer afin de nous diriger vers le Mont Sinaï pour « recevoir », et ce chaque jour, un peu plus de Thora et de Sagesse. Comme annonce le prophète d’Israël : "Alors j'inverserai les peuples en une langue raffinée afin que tous appellent par le nom de l’Eternel et le servent d'une même façon". Alors ne loupons pas notre œuvre, continuons à œuvrer au tikoun Olam, au raffinement du monde, en recherchant la lumière qui est en nous et en notre prochain. Ainsi nous apporterons les étincelles de chalom pour Israël et les Nations, qui en ont tous besoin.

 

Rabbi Michel Liebermann

 

 

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