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COMMUNAUTE JUIVE LIBERALE DE MONTPELLIER
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Du veau d'or au pardon...

Cette paracha contient l’un des passages les plus connus de l’exode, celui du veau d’or. C’est une paracha qui évoque la honte du reniement de D.ieu… Pourtant, elle contient bien plus que cela.

Pourquoi cette paracha s’appelle Ki tissa ? Ki Tissa est traduit par « compter », ce qui n’est pas sans poser de problèmes… Rachi, à propos de ce verbe, dit qu’il s’agit non pas de compter le peuple mais de recevoir une somme en compte. Rachi met en exergue qu’il est interdit de compter directement des êtres humains et cet ordre permet à Moïse de les compter au travers d’actions qu’ils vont faire, faute de quoi ils seront punis.

En effet, on ne peut ni mesurer, ni compter les bné Israël car les compter c’est les individualiser et donc les fragiliser. Compter c’est les retrancher de la communauté. Et pourtant, ici, on fait le compte des enfants d’Israël ! Ici, lorsque D.ieu permet de compter – ki tissa – le peuple d’Israël en versant un demi-sicle, il les compte et les individualise mais en les inscrivant dans le tout. Quand on compte les enfants d’Israël, on les sort de leur anonymat, ils « comptent » vraiment, ils deviennent comptables de leurs actes en tant qu’individus en appartenant aussi au tout.

Dans cette paracha, Moïse est toujours sur le mont Sinaï, D.ieu lui prescrit de recenser les enfants d’Israël en les imposant de verser un demi-shekel par tête. Il lui décrit le bassin de bronze pour les ablutions des Cohanim, comment préparer l’huile d’onction ainsi que la composition de l’encens.

D.ieu désigne Betzalel et Oholiab comme artisans de ces divers travaux, renouvelle l’exigence du chabbat comme signe exclusif de l’alliance entre Dieu et Son peuple, et lui donne enfin les tables de la Loi.

Cependant, le peuple, ne voyant pas Moïse revenir, a demandé à son frère Aaron de leur façonner un dieu qui remplacera Moïse. Encore et toujours le doute qui revient sans cesse. Leurs cris parviennent au Sinaï, où Dieu dépêche Moïse qui, prenant connaissance de la faute du Veau d'or, brise les tables de la Loi. Il ordonne à ceux demeurés fidèles à D.ieu, principalement les Levites, de passer les rebelles par le fil de l’épée. D.ieu décrète qu’Il ne résidera plus parmi eux, mais les guidera par un intermédiaire. Moïse au lieu d’accepter le jugement, se fait l’avocat du peuple et plaide le pardon des fautes. D.ieu l’entend et exauce sa demande. D.ieu lui révèle Sa gloire et Ses 13 attributs de miséricorde, puis réitère les commandements prescrits lors de la première montée. Lorsque Moïse redescend, au bout de 40 autres jours et 40 autres nuits, avec les secondes Tables de la Loi, son visage rayonne, et il doit porter un voile.

D’abord, attachons-nous à la symbolique du veau d’or et plus particulièrement à sa confection. Le peuple est aux pieds du Sinaï et attends 40 jours que Moïse revienne. C’est un temps très long pour un peuple qui n’a jamais été livré à lui-même. Ils sont passé du joug égyptien à la fuite sous les ordres de Moïse et de D.ieu… Dans cette épisode, la seule figure d’autorité, qui les guidait les laisse pour les laisser seuls face au silence. Ici, nous sommes face à une génération d’esclaves égyptiens en fuite, encore fortement influencée par la culture idolâtre de ses anciens maitres pour qui taureaux, vaches et veaux constituaient des symboles classiques. Il n’est pas facile d’apprendre la liberté et de ne pas être tenté par le retour vers un fétichisme rassurant et facile quand le doute vous habite. Le peuple ne vient pas remplacer D.ieu avec le veau d’or mais Moïse, le leader dont ils attendent le retour… Cet épisode est aussi la preuve que la liberté est un long chemin où la peur fait son lit…

En effet, Moïse est parti 40 jours et 40 nuits, ce qui est long ! Le peuple, selon les exégètes, a probablement eu peur, peur que Moïse et, par là même D.ieu, les ait abandonnés à leur sort. Térrifiés à l’idée de n’avoir plus de guide, perclus de doutes, ils se tournent vers Aaron et lui disent « Viens, fabrique-nous un dieu qui marchera devant nous, car cet homme, Moïse, lui qui nous a conduits hors de la terre d’Egypte nous, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé ». Ici, le peuple ne semble pas douter de D.ieu à proprement parler mais se sent abandonné et doute que leur guide ne revienne. Ils vont alors prendre une décision eux-mêmes, la première, fut-elle mauvaise ! Le peuple apprend l’autonomie et avec elle, la responsabilité comme nous le verrons.

Cependant, à cet instant du récit, les israélites sont en proie à la panique car D.ieu comme Moïse ne résident pas au milieu d’eux à cet instant et qu’ils ont besoin de prendre les choses en main pour sentir la puissance de D.ieu. Ne connaissant que les images, après des siècles d’esclavage, ils confectionnèrent le veau d’or comme une image de la puissance de D.ieu afin qu’ils soient guidés… Ils sont alors comme un troupeau égaré qui attend son berger.

Cet épisode doit nous rappeler que nous-mêmes pouvons avoir peur, avoir des doutes et doit nous pousser à la clémence envers les bné Israël car nous-mêmes avons parfois nos veaux d’or : l’argent, la réussite, la recherche du plaisir sont autant d’idoles qui nous éloignent de ce que nous sommes, de l’alliance que nous avons fait avec D.ieu.

Trois remarques seront faites au sujet de cet épisode. D’abord, la méthode de fabrication du veau d’or qui n’est pas innocente : les boucles d’oreilles… Ensuite, nous verrons que cet épisode vient mettre en exergue la nécessité pour les peuples d’avoir un leader, un dirigeant. Enfin, nous parlerons des tables de la Loi brisées

Il est étonnant que le peuple ait, par préférence aux nombreux objets d’or dont ils étaient probablement détenteur, choisi de faire la collecte de boucles d’oreilles comme source de matière première. En effet, il ne devait pas manquer dans le camp d’objets en or plus volumineux pour arriver à réunir plus aisément une quantité suffisante de métal précieux nécessaire à la fabrication d’une statue que l’on imagine volontiers monumentale si l’on s’en tient à la lecture de la paracha.

Les anneaux d’oreilles étaient bien sûr portés majoritairement comme ornement, cependant le texte vient préciser : « détachez les pendants d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, vos filles et vos fils ». Il faut s’avoir qu’à l’époque, les anneaux aux oreilles marquaient le statut d’esclave de celui qui les portait. Ainsi, on pourrait voir donc dans la désignation de ces boucles d’or fondues puis reconstitués en un ruminant rédempteur, la volonté d’Aaron d’affirmer le caractère irréversible de la libération du peuple juif d’entre les mains de Pharaon quand bien même le peuple verse dans l’idolâtrie. Le fait de consacrer ce bijou, par ailleurs bien ancré dans la profondeur de sa chair, à la fabrication d’une idole commune à tous constitue de fait une preuve forte de l’engagement des rebelles envers ce projet éminemment transgressif vis-à-vis de Moïse qui les a libérés puis fait traverser tant d’épreuves… La sanction ne pouvait donc que la privation de la vie pour eux car ils portaient au plus profond de leur chair, la trahison. Néanmoins, cet épisode nous semble fondateur et utile : il a permis au peuple d’abandonner les dernières traces de leur état de servitude et il a enfin permis aux enfants d’Israël de prendre une décision d’hommes libres, fut-elle mauvaise.

Le deuxième aspect qui est intéressant avec cet épisode c’est qu’il souligne que les peuples ont besoin d’être dirigés. Moïse n’a, en effet, que quelques heures de retard et voilà que parmi le peuple, une partie s’élève pour le remplacer et faire un dieu qui marche devant eux afin de les guider oubliant tout ce que Moïse a fait pour eux, pour ce peuple asservi qui avait courbé l’échine et dont la face ne regardait plus D.ieu mais seulement le labeur.

Juda Halévy montre qu’une infime partie des hébreux se détourne et qu’ils ne sont pas vraiment des idolâtres. Il explique que désespérés par l’absence de leur guide, ils souhaitent, à l’instar des autres nations, « un objet tangible de culte mais sans pour autant rejeter D.ieu qui les avait fait sortit d’Egypte ». Ainsi, après avoir attendu le retour de Moïse qui semblait ne jamais devoir arriver, ils finirent par se montrer incapable de prendre la bonne décision car ils étaient dirigés par leurs incertitudes, leurs peurs et leurs dissensions. La force des habitudes (auxquelles ils n’avaient renoncé que 40 jours plus tôt) reprend alors le pas en l’absence d’un leader pour les rassurer, les comprendre, les guider, ce que Aaron n’est pas… Et c’est là, le grand échec d’Aaron même si ce dernier refuse d’assumer la responsabilité qu’est la sienne dans l’épisode du veau d’or.

C’est probablement cela qui a conduit Moïse à intercéder en faveur du peuple alors même que la colère de D.ieu le poussait à annihiler le peuple israélite, têtu, pour mettre Moïse à la tête d’un meilleur peuple. En effet, Don Isaac Abravanel, imaginant l’échange entre D.ieu et Moïse, dit que les paroles de Moïse furent les suivantes : « Tu sais fort bien que tu les as fait sortir d’Egypte, un pays où règne l’idolâtrie… Pourquoi te mettre en colère en les voyant revenir à leurs anciennes pratiques ? Cette habitude est devenue une seconde nature et c’est ce qui les a amenés à construire et à adorer le veau d’or ». Ce dialogue imaginaire montre que les penseurs juifs estiment que Moïse a demandé à D.ieu de pardonner les hébreux dont les fers sont encore ancrés en eux même s’ils ont été laissé en terre d’Egypte. Moïse montre à D.ieu que le veau d’or est certes une faute du peuple mais aussi la sienne (effaces mon nom de Ton livre) et celle de D.ieu qui a, pendant des siècles, laissé le peuple vivre au cœur d’un peuple idolâtre transformant durablement la nature de celui-ci. Il joue d’ailleurs sur le fait que les Egyptiens pourraient se rire de la situation : voilà un D.ieu qui dit « Laisse mon peuple s’en aller », et qui ne libère ce peuple que pour le détruire ensuite. C’est sur cette ambivalence que Moïse plaide la cause du Peuple alors même que D.ieu le désigne non plus comme son peuple – comme il le faisait jusqu’alors – mais comme celui de Moïse

Enfin, cet épisode nous invite à nous intéresser aux premières tables de la Loi brisées par Moïse sous le coup de l’émotion et de la colère. Le voilà cheminant depuis le sommet du Sinaï quand D.ieu le prévient de la traîtrise du peuple et lorsqu’il voit la foule des adorateurs du veau d’or, Moïse brise le décalogue que D.ieu a écrit du bout de son doigt et qui contient le commandement :

« 2. Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi. Tu ne te feras point d’idole, ni toute image de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point ; car moi, l’Éternel ton D.ieu, je suis un D.ieu jaloux, qui poursuis la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, pour ceux qui me haïssent ; et qui exerce la bienveillance jusqu’à la millième, pour ceux qui m’aiment et gardent mes commandements ».

Les premières tables brisées et la clémence de D.ieu obtenue, ce dernier donne à Moïse des instructions précise pour en tailler de nouvelles. Ayant taillé deux tables de pierre pareilles aux précédentes, Moïse se leva de bonne heure et monta sur le mont Sinaï, comme le lui avait commandé l’Éternel, après avoir pris en main les deux tables de pierre. L’Éternel descendit dans la nuée, s’arrêta là, près de lui, et proclama nominativement l’Eternel. D.ieu renouvelle alors le pacte. Lorsqu’il redescend et qu’il place les Tables dans le Tabernacle, il y place aussi les morceaux brisés des premières Tables. Pourquoi avoir fait cela ? D’abord, on peut y voir la volonté de ne pas abandonner des Tables gravées par D.ieu lui-même. Ensuite, on peut y voir la volonté de ne jamais oublier l’épisode du veau d’or, ces Tables brisées symbolisent la foi du peuple juif qui a failli se briser. Enfin, elles symbolisent quelque chose de plus organique, tendre… Les hommes gardent des cicatrices des blessures que la vie leur inflige : certaines cicatrices sur le corps ou l’âme évoquent alors ce que l’on est, la personne que l’on fut et celle que nous sommes devenue en subissant cette cicatrice. Les Tables brisées sont comme nos cicatrices, on ne doit pas les effacer, elles font partie de notre histoire, de ce que l’on est… on est un peuple : on est tout à la fois une religion, un sang, une histoire… celle-ci n’est pas parfaite, nous avons des cicatrices et laisser derrière nous les Tables brisées avant d’entrer en Terre promise eut été abandonner une part de ce que nous sommes…

Cette paracha est également celle où D.ieu vient réaffirmer l’importance du chabbat pour le peuple juif :

« L’Eternel parla ainsi à Moise : « Et toi, parle aux enfants d’Israël en ces termes : Toutefois, observez mes shabbats car c’est un symbole de moi à vous dans toutes vos générations, pour qu’on sache que c’est Moi, l’Eternel qui vous sanctifie. Gardez donc le shabbat, car c’est chose sainte pour vous ! ».

Mais aussi c’est celle qui vient rappeler l’exigence de faire la fête des Azymes, Pessa’h en souvenir de la sortie d’Egypte que nous fêterons prochainement ensemble.

 

Mélanie J.

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